Sélectionner une page

Tout sur la Hernie Discale : Causes et Symptômes – Traitement et Prévention

Tout sur la Hernie Discale : Causes et Symptômes – Traitement et Prévention

Qu’est-ce qu’une hernie discale ?

Définition

D’une façon générale, la hernie est l’issue de tout ou d’une partie d’un organe de la cavité qui le contient normalement. On parle de hernie discale lorsqu’une portion d’un disque intervertébral (notamment le nucleus pulposus) fait saillie dans le canal vertébral.

Hernie Discale - Vue Latérale

Hernie Discale – Vue Latérale

Hernie Discale - Vue Supérieure avec Coupe Transversale

Hernie Discale – Vue Supérieure avec Coupe Transversale

Un peu d’anatomie de la colonne vertébrale pour mieux comprendre

Le rachis est la portion mobile de la colonne vertébrale et est constitué d’un empilement de petits os appelés les vertèbres. Au nombre de 24, ces vertèbres sont réparties comme suit : 7 cervicales, 12 dorsales et 5 lombaires (« cervical », « thoracic » et « lumbar » en anglais). Les vertèbres sont séparées les unes des autres par des disques de cartilage appelés disques intervertébraux, lesquels jouent un rôle d’amortisseur et assurent la souplesse du rachis. Pour plus d’informations, voir l’image « Anatomie de la Colonne Vertébrale ».

Chaque disque intervertébral est constitué d’un anneau périphérique fibreux et dur (« annulus fibrosus » ou « disc annulus » en anglais) qui loge un noyau central gélatineux et mou (« nucleus pulposus » en anglais). Pour plus d’informations, voir l’image « Hernie Discale – Vue Supérieure avec Coupe Transversale ».

Anatomie de la Colonne Vertébrale

Anatomie de la Colonne Vertébrale
Source : https://www.spineuniverse.com/anatomy/spinal-anatomy-slideshow

En outre, l’empilement des vertèbres forment en arrière des disques intervertébraux le canal vertébral qui loge la moelle spinale d’où partent les nerfs spinaux. Ces racines nerveuses assurent la connexion entre la moelle et les différentes parties du corps (les membres par exemple) tout en jouant un rôle sensitif et moteur.

Lorsque l’anneau fibreux (« annulus fibrosus » ou « disc annulus » en anglais) du disque intervertébral s’affaiblit, il se fissure et le la substance gélatineuse du noyau fait saillie à travers elle dans le canal vertébral, ainsi survient la hernie discale. Cette protrusion du noyau va donc comprimer la moelle spinale ou les fibres nerveuses présentes dans le canal vertébral et entrainer les symptômes de la hernie discale. Cependant dans certains cas, en fonction du degré de la saillie, il n’y aura pas de compression et donc pas de signes, la protrusion passe donc inaperçue.

Enfin toutes les régions du rachis peuvent être le siège d’une hernie discale, mais dans 95% des cas la hernie se produit dans la région lombaire c’est-à-dire le bas du dos. En effet les vertèbres de cette région assurent la stabilité du corps est sont en plus très sollicitées dans les mouvements de la colonne vertébrale, les disques intervertébraux s’y usent alors plus vite qu’au niveau des autres régions rachidiennes. Nous nous accentuerons donc plus sur la hernie discale lombaire.

Quelles sont les causes de la hernie discale ?

Facteurs de risque

L’usure du disque intervertébrale est la principale cause de la hernie discale. Cette usure est favorisée par plusieurs facteurs :

  • Le vieillissement: avec l’âge, les disques se déshydratent, s’assèchent et deviennent donc plus fragiles. La colonne vertébrale devient donc moins souple et diminue en hauteur, augmentant ainsi le risque de survenue de lésions.
  • Le surpoids et l’obésité: en cas de prise de poids, les contraintes mécaniques qui s’exercent au niveau du rachis augmentent. Il en est de même en cas de grossesse.
  • La mauvaise hygiène du dos: le dos mérite des soins surtout lors des mouvements où il est sollicité. Ainsi une négligence du dos, la répétition de mauvais mouvements comme soulever une charge le tronc fléchi (penché en avant) contribueront à la survenue de la hernie discale.
  • Les microtraumatismes à répétition dus aux mouvements (les petites chutes) et les traumatismes plus importants (entorse du rachis) fragilisent la colonne vertébrale et prédisposent à une hernie discale.
  • Les anomalies génétiques: certaines anomalies génétiques, souvent héréditaires, sont responsables d’une faiblesse des structures de la colonne vertébrale.

Personnes à risque

Les hommes sont plus fréquemment touchés par la hernie discale. En effet, les efforts physiques répétés entrainent l’affaiblissement des disques et les hommes sollicitent davantage leur force physique par le sport ou par le travail. La hernie discale survient souvent entre 35 et 55 ans. Par ailleurs on estime qu’une personne sur 50 serait atteinte d’une hernie discale.

Signes et symptômes : comment se manifeste la hernie discale ?

Les symptômes de la hernie discale varient d’un individu à l’autre. Mais la douleur est au premier plan.

  • Lombalgie : C’est une douleur le plus souvent localisée dans le bas du dos (lombalgie). Classiquement la douleur s’accentue lorsque les muscles du dos sont sollicités, lorsqu’on se penche vers l’avant, lors d’un éternuement ou d’une toux, en position assise prolongée, ou en position couchée sur le ventre. La douleur est persistante et augmente d’intensité avec le temps au point de devenir insupportable chez certains patients. Elle peut s’accompagner d’une raideur du dos, en raison des contractures réflexes des muscles.
  • Radiculalgie : Il s’agit d’une douleur due à la compression d’un nerf qui sort de la moelle spinale. En fonction du nerf atteint, la localisation de la douleur sera différente car elle emprunte le trajet du nerf comprimé. Par exemple la compression des racines du nerf sciatique sera à l’origine d’une sciatalgie qui irradie au niveau des fesses, derrière la jambe, sur le côté et en arrière du mollet ainsi qu’une partie du pied.
  • Paresthésies : Il s’agit des sensations de picotements, de fourmillements ou de décharge électrique dans la jambe et ou le pied.
  • Dans les formes plus sévères, une paralysie, une incontinence urinaire et anale peuvent s’installer et réaliser le syndrome de la queue de cheval qui désigne la compression de la partie terminale de la moelle spinale. Il s’agit d’une urgence, il faut donc consulter son médecin sans attendre.

Diagnostic de la hernie discale

Les symptômes et l’examen clinique réalisé par le médecin permettent d’évoquer la hernie discale. Cependant le diagnostic sera confirmé par les examens d’imagerie. La radiographie standard, le scanner et l’IRM du rachis permettront d’objectiver la protrusion du disque intervertébral et d’apprécier les structures comprimées.

Traitement de la hernie discale

Plusieurs moyens sont proposés pour la prise en charge de la hernie discale. Mais dans tous les cas le traitement commence par la mise au repos du dos pendant 1 à 2 jours afin d’éviter les sollicitations du dos et de limiter la douleur. Cependant le repos au lit ne doit pas être prolongé au risque d’affaiblir les muscles du dos et entrainer une ankylose des articulations. En phase aigüe de la douleur, l’application de la glace dans la zone de la hernie permettra de réduire la douleur.

Médicaments

Le traitement médicamenteux de la hernie discale repose sur l’utilisation des antalgiques, des anti-inflammatoires et des myorelaxants prescrits sur de courtes durée.

Les antalgiques permettent de maitriser la douleur. Il s’agit souvent des antalgiques usuels comme le Paracétamol ou l’acide acétylsalicylique mais en fonction de l’intensité de la douleur on peut faire recours à des antidouleurs plus puissants tels que les morphiniques. Les anti-inflammatoires comme l’ibuprofène, l’acéclofénac réduisent l’inflammation et donc la douleur. Enfin les myorelaxants ou décontractants musculaires comme le méthocarbamol entrainent un relâchement de la musculature du dos, la rendant plus souple et moins douloureuse.

Infiltration de corticoïdes

Lorsque les médicaments ne suffisent pas à soulager le patient, l’injection de corticoïdes est employée. Elle consiste à administrer des corticoïdes directement dans la zone concernée par la hernie discale et se fait sous contrôle radiologique. Il s’agit d’un traitement spontané qui réduit considérablement l’inflammation et la douleur. Il peut être renouvelé chez certains patients.

En général, la majorité des patients (90%) se trouve soulagée avec le repos et l’usage des médicaments après une durée de 6 semaines. La chirurgie n’est donc pas obligatoire. Mais en cas d’échec du traitement médicamenteux, une chirurgie s’imposera.

Chirurgie

Elle est indiquée en cas de douleur persistante après 6 semaines malgré un traitement médicamenteux bien conduit ou en cas de troubles neurologiques graves tels qu’une incontinence anale ou urinaire.

La chirurgie permet de lever la compression exercée sur les fibres nerveuses par le disque intervertébral. La technique la plus utilisée est la discectomie qui consiste à enlever tout ou une partie du disque endommagé. Elle peut également s’effectuer sous contrôle endoscopique : microdiscectomie. Dans ce cas, elle est moins invasive et réduit les jours d’hospitalisation.

Rééducation fonctionnelle

Que ce soit avant ou après la chirurgie, des séances de rééducation avec un kinésithérapeute peuvent être prescrites dans le but de renforcer la musculature du dos, d’assouplir la colonne et d’apprendre les postures adéquates.

Accessoires et produits : ceintures lombaires et électrostimulateurs

Ceinture lombaire pour soulager la hernie discale

Par ailleurs, une ceinture lombaire (disponible en pharmacie) peut aussi être prescrite par le médecin pour soutenir votre dos, et limiter les mouvements brusques pourvoyeurs de douleurs. Elle améliore le confort du patient et facilite la cicatrisation après une chirurgie. La relaxation et l’électrothérapie (les élecro-stimulateurs sont disponibles en pharmacie et sur les sites des fabricants) permettent aussi de soulager les douleurs et de relâcher les muscles du dos tout en le rendant plus souple.

Comment prévenir la hernie discale ?

Il est possible de réduire le risque de survenue d’une hernie discale ou d’une récidive en gardant son dos en bonne santé. La prévention de la hernie discale passe par des gestes simples à observer dans son quotidien.

  • Pratiquer une activité physique régulière et pratiquer des exercices visant à renforcer la musculature du tronc.
  • Veiller à maintenir son poids santé en ayant une alimentation équilibrée.
  • Maîtriser sa posture lors de la station debout en position assise et des mouvements.
  • En cas de position assise prolongée, prendre des temps de repos pour s’étirer et se dégourdir.
  • Pour soulever un objet lourd, ne pas incliner le torse vers l’avant et éviter les mouvements de torsion. S’accroupir en fléchissant les genoux tout en maintenant le dos bien droit. Se relever en tenant l’objet près du corps.
  • Au bureau, opter pour des chaises pivotantes afin de réduire les mouvements de torsions.
  • Préférer les chaises à dossier droit qui soutiennent le bas du dos.
  • Lors des ports de charges, assurer une répartition équitable de la charge sur le corps.
  • Limiter l’usage du sac à main, préférer le sac à dos.
  • Eviter de tirer les objets lourds, pousser les plutôt.

A propos de l'auteur