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Douleurs articulaires : causes, symptômes, traitement et prévention

Douleurs articulaires : causes, symptômes, traitement et prévention

Les articulations sont des structures complexes qui relient les différents os du corps entre eux et nous permettent d’effectuer les mouvements quotidiens comme marcher, se courber, lever la main, écrire etc.

Avoir mal aux articulations est donc un motif fréquent de consultation chez le médecin. Il est tout autant important de bien connaître ce qu’est la douleur articulaire, son origine, ses causes, que de la soigner.

Origine de la douleur articulaire (arthralgie)

L’articulation est constituée :

  • Des surfaces articulaires de deux os recouvertes par du cartilage.
  • Du liquide synovial dans lequel baigne l’articulation jouant ainsi le rôle de lubrifiant.
  • De la capsule articulaire (structure fibreuse qui entoure l’articulation).

D’autres éléments engainant l’articulation : du muscle, des tendons et des ligaments. Donc toute douleur que vous ressentez au niveau de l’articulation provient soit des structures articulaires elles-mêmes, soit des éléments suscités.

La douleur peut être d’origine inflammatoire ou mécanique (c’est l’arthrose, due à l’usure du cartilage articulaire).

Quels sont les facteurs de risque ?

On peut les classer en 2 grands groupes : les facteurs de risque non-modifiables et les facteurs de risque modifiables.

Les facteurs de risque non-modifiables sont ceux sur lesquels on ne peut pas agir par la prévention. Il s’agit de :

  • L’âge : le risque augmente avec l’âge, mais l’arthrite (inflammation d’une articulation) peut survenir à n’importe quel âge.
  • Le sexe et les hormones : surtout chez la femme enceinte et la femme ménopausée. Une composante hormonale pourrait exister surtout en cas de polyarthrite rhumatoïde. Dans le cas de la ménopause c’est le déficit en hormones sexuelles (déminéralisation osseuse, prise de poids) qui est responsable d’arthrose.
  • La prédisposition génétique.

Les facteurs de risque modifiables peuvent être :

  • L’obésité.
  • Les lésions et traumatismes articulaires (entorses, luxations).
  • Les maladies métaboliques telles que la chondrocalcinose ou la goutte, car dans les deux cas il y a un dépôt de microcristaux au niveau de l’articulation, ce qui va entraîner une inflammation et une usure rapide du cartilage articulaire.
  • Les anomalies et déformations squelettiques : genou varus (genoux anormalement écartés) ou genou valgus (genoux anormalement accolés).
  • Le travail ou le sport, surtout ceux qui nécessitent un mouvement répété et intense (natation ou travail manuel).

D’autres facteurs tels que l’infection, le tabagisme et l’inactivité physique sont mis en cause.

Quelles sont les causes des douleurs articulaires ?

Une arthralgie qui s’installe de manière brutale et subite peut avoir pour cause :

  • Une infection bactérienne générale (arthrite réactionnelle) ou localisée au niveau de l’articulation comme le genou, le coude, le poignet etc. Elle s’accompagne généralement de fièvre, de rougeur, de gonflement et de chaleur au niveau de l’articulation. Une infection virale comme la grippe peut être aussi à l’origine de douleurs articulaires.
  • Un traumatisme (entorse, luxation, simple élongation ou torsion des ligaments) ou une blessure articulaire au cours d’un accident, pendant une séance de sport ou lors d’un travail physique.
  • La crise de goutte aiguë caractérisée par le dépôt de microcristaux d’acide urique qui entraîne une inflammation au niveau des articulations aussi bien des grosses comme le genou, le poignet, le coude que des petites articulations au niveau des mains et des pieds. Un régime trop riche en protéine ou une insuffisance rénale chronique peuvent, entres autre, prédisposer à des crises de goutte.

Certains médicaments tels que les antibiotiques de la famille des quinolones, la salazopyrine (anti-inflammatoire intestinal), les incrétines (antidiabétiques oraux), les biphosphonates, les diurétiques peuvent avoir comme effets secondaires des douleurs articulaires.

Les douleurs articulaires chroniques (dépassant 3 mois) quant à elles sont essentiellement dues à l’usure du cartilage des articulations et aux arthrites inflammatoires chroniques encore appelées rhumatismes inflammatoires chroniques. Ces derniers forment un groupe de maladies dues au fait que l’organisme fabrique des anticorps qui attaquent ses propres constituants notamment au niveau des articulations. On peut avoir des maladies telles que la polyarthrite rhumatoïde, le rhumatisme psoriasique, le lupus, la dermatomyosite, la sclérodermie et la spondylarthropathie ankylosante ; certaines vascularites (inflammation des vaisseaux sanguins) telles que la maladie de Behçet, la maladie de Kawasaki etc.

Symptômes et évolution

La douleur articulaire peut être de type mécanique ou inflammatoire.

Une douleur mécanique se rencontre dans l’arthrose. Il s’agit d’une douleur insomniante, déclenchée par le mouvement de l’articulation concernée et disparaissant au repos. L’intensité de la douleur est moins importante le matin et augmente au cours de la journée pour être maximale le soir. Elle s’associe à une raideur matinale de l’articulation d’une durée de moins de 15 min et une gêne fonctionnelle, c’est-à-dire une limitation des mouvements de l’articulation. L’état général est conservé (pas de fièvre, pas de fatigue).

Par contre, une douleur inflammatoire est déclenchée au repos avec une raideur matinale de plus d’une heure. Elle peut être associée aux signes locaux de l’inflammation (douleur, chaleur, rougeur et tuméfaction), aux signes systémiques (fièvre, fatigue) et accessoirement aux signes spécifiques d’atteintes rhumatismales. La douleur inflammatoire peut toucher une seule articulation (atteinte mono-articulaire) ou plusieurs articulations (atteinte polyarticulaire symétrique ou asymétrique). La disposition des articulations atteintes peut être évocatrice d’une pathologie précise, par exemple, l’atteinte symétrique des articulations. métacarpophalangiennes et des interphalangiennes proximales dans la polyarthrite rhumatoïde.

Symptômes

L’évolution de la douleur est imprévisible et dépend de la cause sous-jacente. D’un individu à l’autre, elle peut être marquée par une aggravation lente ou rapide, des crises douloureuses intermittentes conduisant à une altération progressive du cartilage si la prise en charge n’est pas adaptée.

Mal aux articulations : consulter un médecin

Une douleur articulaire peut survenir lors d’effort intense et cède après quelques jours sous un simple traitement antalgique. Une consultation chez le médecin s’impose dans les cas suivants :

  • Une douleur persistante depuis plus de 2 mois.
  • Une douleur accompagnée de fièvre, une altération de l’état général.
  • Si la douleur vous empêche de faire vos activités quotidiennes ou si elle s’accompagne d’un gonflement de l’articulation.
  • Si la douleur s’associe à d’autres symptômes tels qu’une déformation des articulations, une douleur thoracique, des tâches au niveau de la peau, etc.

Le médecin vous fera d’abord un interrogatoire à la recherche des antécédents (sports pratiqués, traumatismes antérieurs, prises médicamenteuses, cas similaires dans la famille), des facteurs de risque, des signes associés à la douleur notamment une fièvre, un gonflement de l’articulation, une raideur avec limitation des mouvements et une altération de l’état général.

Mal aux articulations : consulter un médecin

Le médecin essaiera de caractériser la douleur pour savoir si elle est de type inflammatoire ou mécanique. Un examen clinique complet avec analyse des autres articulations est souvent nécessaire pour voir s’il n’y a pas une autre atteinte.

En outre, pour déterminer la cause de la douleur articulaire, des examens complémentaires biologiques ou radiologiques pourront être demandés :

  • Une NFS (Numération Formule Sanguine) à la recherche par exemple d’une hyperleucocytose, signe d’une infection.
  • Une CRP ou une vitesse de sédimentation augmentée en cas d’inflammation.
  • La ponction du liquide articulaire avec analyse biologique et biochimique peut être obligatoire dans certains cas (atteinte d’origine infectieuse).
  • Une radio standard, un scanner, voire une imagerie par résonance magnétique (IRM) de l’articulation concernée (genou, coude, poignet etc.).

En fonction de l’orientation clinique, d’autres examens complémentaires pourront éventuellement être demandés.

Comment traiter la douleur articulaire ?

Le but étant de soulager la douleur, on pourra éventuellement utiliser des méthodes médicamenteuses ou non-médicamenteuses.

Quels médicaments utiliser ?

Le paracétamol

Le paracétamol est efficace pour les douleurs articulaires de type mécanique sans reliquat inflammatoire. Il n’engendre d’effets secondaires que très rarement et le corps humain l’accepte avec une bonne tolérance. La posologie ne doit pas dépasser les 3 g à 4 g par jour et une prise espacée de 6 à 8 heures.

Paracétamol

Les AINS (Anti-Inflammatoire Non Stéroïdiens)

En cas de douleurs avec inflammation importante, les AINS sont les plus indiqués car elles ont un effet analgésique et anti-inflammatoire (en traitement local ou par voie orale).

Pour éviter tout risque d’ulcère gastrique en cas de prise orale, l’association avec un protecteur gastrique comme les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) est préconisée.

D’autres effets secondaires peuvent exister notamment, l’hypertension artérielle, les crises d’asthmes, les éruptions cutanées, etc.

Cependant, il existe des contre-indications à l’usage des AINS telles qu’un antécédent d’ulcère gastrique, un âge supérieur à 65 ans, la grossesse à partir du 6ème mois. Il faut toujours demander conseil à votre médecin avant usage.

Les infiltrations de corticoïdes

Des traitements locaux à base d’infiltrations de corticoïde peuvent être utilisés.

Le traitement médicamenteux nécessite une prescription médicale, et en fonction de la pathologie sous-jacente, un traitement de fond peut être éventuellement instauré.

Le traitement non-médicamenteux

GREC veut dire Glaçage, Repos, Élévation et Contention.

Le protocole GREC (R.I.C.E en anglais) consiste au glaçage (si douleur aiguë de type mécanique), au repos, à l’élévation et la compression de l’articulation, un traitement local par la chaleur en cas de douleur de type inflammatoire. Il faut maintenir une activité physique modérée en limitant au maximum l’usage de l’articulation douloureuse.

GREC - RICE

Certains traitements naturels à base de plantes telles que le thé Sencha, l’harpagophytum ou « griffe du diable » (en gélules ou pommade), le curcuma ou encore l’huile essentielle d’eucalyptus citronnée prouvent leur efficacité dans le traitement des douleurs articulaires grâce à leur vertus anti-inflammatoire et antalgique.

Le traitement non-médicamenteux ne doit pas remplacer une consultation chez votre médecin.

Comment prévenir les douleurs articulaires ?

Il s’agit d’appliquer des mesures hygiéno-diététiques notamment :

  • Avoir une alimentation saine et équilibrée pour éviter le surpoids et l’obésité.
  • Une alimentation riche en Calcium, vitamine D et en oligo-éléments tels que le zinc, le cuivre, le soufre et le silicium.
  • Éviter le tabac.
  • Pratiquer une activité physique régulière, les sports aquatiques étant particulièrement adaptés.
  • Éviter la sédentarité.

Ces mesures permettent de supprimer les facteurs de risque et de préserver la santé des articulations.

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