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Cancer du Sein : Symptômes, Causes, Dépistage, Traitement et Prévention

Cancer du Sein : Symptômes, Causes, Dépistage, Traitement et Prévention

Le cancer du sein représente le cancer le plus répandu chez les femmes. Les statistiques sont très alarmantes ! En effet, il y a une probabilité d’environ 10% d’atteinte, autrement dit, une femme sur 10 pourra être touchée par le cancer du sein au cours de sa vie.

A l’occasion du mois d’octobre qui est consacré à la sensibilisation au cancer du sein, nous avons préparé ce guide complet qui parle du cancer du sein et qui répond notamment aux questions suivantes :

  • Comment se forme le cancer du sein ?
  • Quelles sont les causes et les facteurs de risque du cancer du sein ?
  • Comment dépister le cancer du sein ?
  • Comment traiter et prévenir le cancer du sein ?

Physiologie et anatomie du sein chez la femme

Le sein est un organe pair situé au niveau de la poitrine qui se termine par des tétons. Chez la femme, chaque sein est divisé en 15 à 20 lobes et chaque lobe possède plusieurs petites structures appelées lobules. Les lobules se terminent en bulbes qui produisent le lait.

Ces trois éléments sont reliés par de fins tubes : les canaux qui se rejoignent au niveau du mamelon situé au centre de l’aréole. Les espaces entre les lobules et les canaux sont remplis essentiellement de graisse.

De plus, on retrouve des ganglions lymphatiques au niveau de l’aisselle, de la clavicule et du thorax.

Vue Latérale du Sein   Vue Frontale du Sein

  1. Paroi thoracique.
  2. Muscles pectoraux.
  3. Lobes.
  4. Mamelon.
  5. Aréole.
  6. Canaux galactophores (canaux excréteurs de lait).
  7. Tissu graisseux.
  8. Peau.

À la puberté, la sécrétion de certaines hormones au niveau du cerveau est à l’origine de la production d’œstrogènes et de progestérone.

Les œstrogènes et la progestérone interviennent dans la croissance et la transformation des tubules en canaux galactophores matures ainsi que le développement du tissu graisseux de soutien.

Qu’est-ce que le cancer du sein ?

Mécanisme de formation

Le sein, comme toute autre partie du corps, se compose de cellules qui se multiplient pour remplacer celles qui meurent.

Cependant, les cellules développent parfois des anomalies. Elles continuent alors de se diviser et de se multiplier, se développant parfois trop rapidement.

À ce stade, une croissance peut ne pas être cancéreuse. Il peut s’agir d’une « tumeur non invasive » qui reste contenue dans le canal ou le lobe.

Une tumeur est considérée comme cancéreuse lorsqu’elle peut envahir les tissus environnants.

Le cancer du sein peut se propager lorsque les cellules se détachent de la tumeur principale et sont transportées vers d’autres parties du corps grâce, entre autres, aux vaisseaux lymphatiques.

Symptômes et signes cliniques

Les symptômes sont différents et parfois silencieux surtout au début. Pour cette raison, il faut consulter un gynécologue au moindre doute.

Les signes alarmants sont expliqués dans l’image ci-dessous :

  • Anomalies de la peau.
  • Apparition de rougeurs.
  • Apparition d’une fossette.
  • Apparition d’une petite boule.
  • Écoulement par le mamelon (très rare).
  • Grosseur sous l’aisselle.
  • Mamelon devient rentrant.

Symptômes du Cancer du Sein

Epidémiologie

Le cancer du sein fait partie des cancers les plus fréquent dans le monde (2088849 nouveaux cas en 2018 – source Globocan).

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme (24,2 %, soit environ un sur quatre des nouveaux cas de cancer diagnostiqués chez les femmes dans le monde – OMS). Il représente également le cancer le plus mortel chez la femme. On distingue 58968 nouveaux cas et 11883 décès estimés en 2017 (Institut National du Cancer France).

Dans les pays d’Afrique francophone, il prend la première place des cancers dans le Maghreb (incidence 18,2% Globocan 2012) et la 2ème place dans les pays d’Afrique Subsaharienne francophone (incidence 15,5% Globocan 2012).

Facteurs de risque

On distingue des facteurs de risque génétiques et non génétiques.

Facteurs de risque génétiques

Antécédents familiaux

Il s’agit de diagnostique positif de cancer de sein lié à un cancer de sein antérieurement présent chez un des parents du malade.

En général, les risques de survenue de cancer du sein sont observés dans les situations suivantes :

  • Une parente de premier degré (mère, sœur, fille) ayant eu un cancer du sein avant la ménopause (50 ans).
  • Une parente de second degré (grand-mère, tante, nièce) ayant eu un cancer du sein.
  • Une parente de premier degré ayant un cancer dans les deux seins (cancer du sein bilatéral) avant la ménopause.
  • Deux parentes ou plus ont eu un cancer du sein ou de l’ovaire.
  • Une parente ayant eu un cancer du sein et de l’ovaire ou plusieurs cancers différents.
  • Un parent de sexe masculin ayant eu un cancer du sein.

Le risque d’atteinte du cancer du sein est deux fois plus élevé quand il y a une parente de premier degré atteinte de cancer du sein. Ce risque est moins élevé quand une parente de second degré a été atteinte de cancer du sein.

Mutations génétiques

Les mutations des gènes BRCA 1 et 2 (Breast Cancer 1 et 2) constituent le principal facteur de risque génétique. Le BRCA est un gène suppresseur de tumeur qui joue un rôle dans le contrôle de la croissance de cellule cancéreuse notamment par réparation des dommages de l’ADN et la régulation transcriptionnelle.

Les femmes porteuses de mutations génétiques du gène BRCA1 et 2 ont jusqu’à 85 % de risques d’être atteintes du cancer du sein (société canadienne du cancer).

Autres facteurs de risque génétiques qui correspondent aux mutations d’autres gènes suppresseurs de tumeur :

  • Le syndrome de Li-Fraumeni : lié à une mutation du gène p53 (gène suppresseur de tumeur). Il prédispose à plusieurs cancers du tissu mou comme le sein, pancréas, os, etc.
  • L’ataxie télangiectasie (AT) : liée à une mutation du gène ATM (Ataxie Telangiectasie Mutated).
  • Le syndrome de Cowden lié à une mutation du gène PTEN (Phosphatase and TENsin homolog).
  • Le syndrome de Peutz-Jeghers peut être lié à une mutation du gène STK11, aussi appelé LKB1.
  • Une mutation du gène CHEK2 (Checkpoint Kinase 2).

Facteurs de risque non génétiques

Le cancer du sein étant un cancer à composante hormonale, plusieurs facteurs favorisent l’exposition accrue aux hormones (œstrogènes) :

  • Menstruations précoces : dans ce cas les cellules du tissu mammaire ont été exposées pendant une longue période à l’œstrogène ce qui augmente le risque de survenue de cancer du sein.
  • Ménopause tardive : en cas de ménopause tardive (après 55 ans) les taux d’hormones comme l’œstrogène et la progestérone baissent assez tardivement, ce qui augmente également l’exposition des cellules du tissu mammaire à l’œstrogène et à d’autres hormones.
  • Obésité ménopause : l’obésité augmente le risque de survenue de cancer de sein chez la femme ménopausée. Bien que la production d’œstrogène par les ovaires soit arrêtée lors de la ménopause, une partie est produite par le tissu adipeux qu’on retrouve en plus grande quantité chez la femme obese. Le tissu mammaire continu alors d’être expose à l’œstrogène.
  • Consommation d’alcool : l’alcool augmenterait le taux d’œstrogène. Donc la consommation d’alcool constitue un risque de survenue de cancer du sein.
  • Tabac : des études ont montré que les femmes qui consomment ont un risque élevé de survenue de cancer du sein par rapport aux femmes qui n’en consomment pas.
  • Hormonothérapie substitutive : elle vise à administrer des hormones (œstrogènes, progestérone) à des personnes présentant un déficit hormonal ou une maladie liée à ce déficit. Une hormonothérapie substitutive pendant une longue période augmente le risque de survenue de cancer du sein.

Comme dans la plupart des cancers, les rayonnements ionisants accroissent le risque de survenue du cancer du sein.

Dépistage

Le dépistage s’adresse à une population apparemment indemne de la maladie et que l’on souhaite dépister. Il doit permettre de distinguer les patients probablement atteints d’un cancer ou d’une lésion précancéreuse des sujets probablement exempts.

En France Le dépistage se fait habituellement chez les femmes de 50 à 74 ans sans symptômes et sans facteurs de risque. Il se fait tous les deux ans ou prise en charge à la demande de la patiente ou de son médecin traitant. Il est pris en charge à 100% par l’assurance maladie.

En Afrique francophone les principales mesures demeurent la sensibilisation pour inciter les femmes à se faire dépister.

Mammographie de dépistage

Technique de dépistage la « mammographie » : c’est l’examen le plus utilisé pour le dépistage du cancer du sein.

La mammographie utilise un rayonnement ionisant pour imager le tissu mammaire. L’examen consiste à comprimer fermement le sein entre deux plaques, ce qui permet d’étaler les tissus qui se chevauchent et de réduire la quantité de rayonnement nécessaire à l’image.

Les clichés normaux ou bénins sont adressés à un centre de deuxième lecture et si le résultat est anormal un bilan diagnostique est effectué.

Dépistage du cancer du sein avec l’auto-palpation (auto-examen)

Il existe des facteurs de risque non contrôlables : prédisposition génétique, ménopause ; et des facteurs contrôlables comme l’hygiène de vie (activité sportive, nutrition) mais également la surveillance par la réalisation d’une mammographie après 50 ans ou en cas d’antécédents familiaux (voir précédemment).

Enfin, il est important de faire, une fois par mois, une autopalpation mammaire en respectant les consignes suivantes :

  • Réaliser la palpation après les règles.
  • Se placer debout devant le miroir d’abord les bras le long du corps (observez le volume des seins, leur aspect général).
  • Puis en levant un bras, palper le sein avec l’autre bras, en utilisant une des trois méthodes de palpation, à la recherche d’une masse ou d’une anomalie.
  • Il faut palper également les ganglions sous l’aisselle.
Auto-examen des Seins - Sens de la Palpation

Source: arcagy.org

Image à gauche : la méthode verticale consiste à commencer la palpation du haut des aisselles, puis à palper les seins de haut en bas puis de bas en haut en prenant la précaution de ne laisser aucune zone.

Image au milieu : la méthode circulaire consiste à commencer la palpation du haut des aisselles, puis à palper les seins en spirale en finissant par le mamelon.

Image à droite : la méthode radiale consiste à commencer la palpation des mamelons jusqu’à l’extérieur des seins en formant des lignes droites. Recommencer en changeant la ligne de palpation et faire le tour de tous les seins.

Stratégies thérapeutiques

Chimiothérapie

La chimiothérapie fait recours à des médicaments cytotoxiques qui empêchent la division cellulaire en provoquant des altérations métaboliques ou morphologiques conduisant à la mort cellulaire.

Exemples de médicaments cytotoxiques utilisés dans le cancer du sein :

  • 5fluoro-uracile.
  • Doxorubicine.
  • Cyclophosphamide.
  • Docétaxel.

Thérapie ciblée

La thérapie ciblée inhibe la prolifération tumorale en agissant sur des cibles spécifiques impliquées dans le mécanisme du cancer du sein.

Exemples de thérapies ciblées utilisées dans le cancer du sein :

  • Trastuzumab.
  • Bevacizumab.
  • Pertuzumab.

Chirurgie

Le recours à la chirurgie est le traitement le plus curateur, surtout quand la tumeur est diagnostiquée tôt. La chirurgie utilise des techniques très variées et dans les cas extrêmes, elle conduit à l’ablation complète du sein.

Radiothérapie

Elle se réalise par la génération de rayonnements afin d’induire des lésions d’ADN néfastes pour les cellules cancéreuses en division.

Prévention du cancer du sein

Prévenir le cancer du sein consiste à agir en amont sur les différents facteurs de risque non génétiques (modifiables) :

  • Opter pour une alimentation pauvre en graisses et riche en fruits et légumes.
  • Éviter la consommation de l’alcool et du tabac.
  • Pratiquer une activité physique régulière, le but étant d’éviter le surpoids et l’obésité tout en maintenant un poids normal.
  • Éviter autant que possible un traitement hormonal substitutif. Toutefois, il convient d’en parler avec son médecin qui pourra mieux apprécier le rapport bénéfice/risque.
  • Réaliser une première maternité avant l’âge de 30 ans et l’allaitement prolongé de son bébé (au moins 12 mois). La maternité et l’allaitement prolongé joue un rôle protecteur et plus la future maman est âgée plus le risque du cancer du sein est élevé.

Bien que ces différentes mesures réduisent le risque de survenue du cancer du sein, elles n’évitent pas d’emblée sa survenue. Ainsi, le dépistage précoce s’inscrit aussi dans les mesures de prévention.

Il convient donc de :

  • Pratiquer l’auto-palpation des seins une fois par mois après les règles, tel que décrit plus haut.
  • Consulter son médecin dès le constat d’une quelconque anomalie (rougeur, rétraction, boule, écoulement…) au niveau des seins.
  • Pour les femmes âgées de plus 50 ans, réaliser une mammographie de dépistage tous les deux ans.
  • Pour les femmes ayant un facteur de risque génétique (non modifiable) connu, se faire suivre par un médecin.

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