Tout sur l’Insomnie : Causes, Conseils, Traitement Naturel et Médicaments

Difficulté à s’endormir, éveils nocturnes intermittents, sensation de fatigue au réveil… Vous souffrez peut-être d’insomnie. L’insomnie est un trouble fréquent du sommeil qui touche un adulte sur trois à un moment de sa vie. Nous vous en parlons plus en détails dans cet article.

Qu’est-ce que l’insomnie ?
L’insomnie est un trouble du sommeil définit par une difficulté à initier ou à maintenir le sommeil avec un sommeil insuffisamment récupérateur qui a des répercussions sur le fonctionnement socio-professionnel de l’individu. Autrement c’est une diminution de la qualité et de la quantité du sommeil à l’origine d’un sommeil non réparateur.
Sommeil normal
Loin d’être une perte de temps, le sommeil est un temps nécessaire et primordial pour l’organisme, car il assure son repos, sa restauration grâce à la régénération de certains tissus (muscles, foie…) et le déroulement de certains phénomènes métaboliques (sécrétion d’hormones, antioxydation) pour son fonctionnement optimal.
Chaque personne a son propre rythme de sommeil et la durée de sommeil requise varie en fonction de l’âge et des activités. Le sommeil d’un adulte dure en moyenne entre 7 heures et 8 heures 30. Cependant il existe des personnes qui ont besoin de moins (6 heures) de temps ou plus (9 heures) pour bien dormir. La durée normale du sommeil est celle qui permet de se reposer et d’avoir un fonctionnement optimal au cours de la journée.
Le sommeil est divisé en plusieurs cycles d’environ 90 minutes. Chaque cycle se décompose en 5 stades. Les stade 1 et 2 sont ceux du sommeil lent léger. Les stades 3 et 4 sont ceux du sommeil lent profond. Le stade 5 est celui du sommeil paradoxal au cours duquel surviennent les rêves. Le nombre de cycle effectué par nuit est évalué par la polysomnographie qui est l’enregistrement du sommeil.
Un bon sommeil peut être défini par les éléments suivants :
- Délai pour s’endormir : 20 à 30 minutes.
- Durée du sommeil : 6 à 9 heures.
- Efficacité du sommeil, c’est-à-dire le temps de sommeil par rapport au temps passé au lit, supérieure ou égale à 90%.
- Total des éveils nocturnes inférieurs à 20 minutes.
- 4 à 6 cycles de sommeil par nuit.
Classification des insomnies
En fonction de la durée, l’insomnie peut être aiguë ou chronique.
Insomnie aiguë
Encore appelée insomnie passagère ou transitoire, elle est très fréquente et est due à des situations de stress (problèmes de la vie, inquiétudes). Elle survient quelques nuits de façon épisodique et disparait dès l’arrêt du facteur qui l’engendre.
Insomnie chronique
Elle va apparaitre à la suite d’une insomnie passagère et évoluer pour son propre compte. Elle est définie par la présence d’une insomnie plus de 3 fois par semaine pendant plus de 3 mois.
Selon les causes de l’insomnie on distingue deux groupes : l’insomnie primaire et l’insomnie secondaire.
Insomnie primaire
Elle est sans cause somatique apparente, et est en rapport avec l’hygiène de vie, le stress, ou un conditionnement progressif.
Insomnie secondaire
L’insomnie secondaire est la conséquence ou le symptôme d’une affection psychiatrique, d’une pathologie médicale ou de la consommation de certains médicaments ou drogues.
Insomnie : personnes à risque et facteurs de risque
Tout le monde peut faire une insomnie au cours de sa vie. Cependant il existe des individus qui ont un risque plus élevé d’en faire :
- Les sujets stressés, angoissés, anxieux ou dépressifs.
- Les sujets âgés de 50 ans et plus.
- Les femmes à cause des variations hormonales observées avant les menstruations et la ménopause.
- Les sujets ayant des habitudes de vie consistant à faire des efforts physiques intenses avant le sommeil, à manger tard la nuit.
- Les sujets qui prennent assez d’alcool, consomment beaucoup de café ou fument fréquemment la nuit.
- Les sujets souffrant de certaines affections médicales comme l’apnée du sommeil, le syndrome des jambes sans repos, l’hyperthyroïdie.
Signes et symptômes de l’insomnie
L’insomnie peut se manifester par plusieurs symptômes :
- Difficultés à s’endormir.
- Eveils nocturnes intermittents ou prolongés.
- Réveil précoce le matin avec l’impossibilité de se rendormir.
- Fatigue au réveil (sensation de sommeil léger et non reposant).
Ces différents symptômes seront aggravés par l’angoisse et le stress de ne pas dormir ou de passer une mauvaise nuit. L’insomnie est donc renforcée et un cercle vicieux se crée.
Conséquences de l’insomnie
Les conséquences de l’insomnie sont nombreuses. Très vite les symptômes vont entrainer une répercussion sur la journée de l’insomniaque avec une sensation de fatigue tout au long de la journée et une somnolence diurne. Cette fatigue se caractérise par une baisse de motivation, de telle sorte que les tâches quotidiennes nécessitent plus d’effort. Les risques d’accidents sur la route ou à la maison sont accrus par cette fatigue.
Le manque de sommeil est aussi responsable d’un fléchissement émotionnel. Les troubles d’humeur, l’irritabilité, la nervosité et l’angoisse sont fréquemment observés. Quand l’insomnie persiste elle peut conduire à la dépression.
Les répercussions s’observent aussi sur le plan professionnel au travers des difficultés de concentration et de mémorisation ainsi que le manque d’attention. Les résultats scolaires des élèves peuvent en souffrir.
Lorsqu’elle est chronique, l’insomnie accroit le risque de survenue de l’hypertension artérielle, des accidents vasculaires cérébraux, de la maladie d’Alzheimer. De plus, elle favorise l’obésité et la survenue de diabète par la perturbation de la tolérance de l’insuline et la satiété qui se mettent en place la nuit.
Causes de l’insomnie
Plusieurs causes ou facteurs peuvent occasionner l’insomnie. On distingue :
Causes physiques et environnementales
Elles sont extérieures au sujet et vont altérer son sommeil. Il s’agit :
- Des bruits et des nuisances sonores (zone industrielle, immeuble bruyant).
- La luminosité notamment la lumière bleue émise par les écrans qui perturbe la sécrétion de la mélatonine (hormone du sommeil).
- La température de la pièce où l’on dort surtout lorsqu’elle est trop chaude ou trop froide.
- Une literie non adaptée ou inconfortable.
Causes psychologiques ou psychiatriques
Très fréquemment identifiées comme causes d’insomnie, les causes psychologiques sont dominées par :
- Le stress : les différentes situations de stress rencontrées au cours de la vie (imminence d’un examen…) et l’angoisse qu’elle génère peuvent perturber le sommeil.
- La mauvaise perception du sommeil : le sujet apprécie mal son sommeil, ressent qu’il ne dort pas ou dort très peu malgré le fait que les examens prouvent qu’il dort de façon satisfaisante.
- Les pathologies psychiatriques comme la dépression, les troubles anxieux, les troubles bipolaires sont des causes l’insomnie.
Causes médicales
L’insomnie est souvent l’expression de certaines affections somatiques. Au nombre de celles-ci on distingue :
- Les douleurs chroniques (rhumatismales ou liée à un cancer) qui altèrent la qualité de la vie entière y compris le sommeil.
- Le syndrome des jambes sans repos : c’est une gêne ressentie au niveau des jambes lorsqu’elles sont immobiles ou au repos. Elle oblige à mobiliser les jambes, à se le lever et empêche donc le sommeil.
- L’apnée du sommeil : c’est une affection caractérisée par des pauses respiratoires intermittents au cours du sommeil. Bien qu’elles soient de courte durée, ces pauses réveillent souvent le sujet. Elle survient chez les personnes en surpoids et qui ronflent beaucoup.
- L’insuffisance cardiaque et certaines maladies pulmonaires peuvent aussi entrainer des gênes respiratoires (dyspnée) nocturnes qui vont altérer le sommeil.
- Les éveils répétés au cours de la nuit, observés dans les hypertrophies de la prostate, le diabète insipide, certaines pathologies rénales en raison du besoin d’uriner sont aussi cause d’insomnie.
- Plusieurs autres affections sont caractérisées par l’insomnie, l’hyperthyroïdie, le reflux gastro œsophagien, la maladie d’Alzheimer, maladie de Parkinson.
Causes toxiques
La prise de certaines substances peut avoir un impact sur la qualité ou la quantité de sommeil du sujet.

- Il s’agit le plus souvent des excitants et des drogues comme la caféine, l’alcool, le tabac, la cocaïne, etc.
- L’insomnie est aussi occasionnée par la prise de certains médicaments tels que la théophylline, salbutamol, cortisone, béta-bloquants, etc.
Traitement de l’insomnie
Plusieurs traitements sont proposés pour l’insomnie. Généralement en cas d’insomnie passagère ou transitoire l’identification et la suppression de l’agent causal suffit à résoudre le problème. On peut avoir aussi recours à certaines mesures pour bien dormir, tout comme dans l’insomnie primaire. Ces mesures sont abordées dans la section conseils pour mieux dormir. Dans les insomnies secondaires à une pathologie médicale, le traitement de ladite pathologie améliorera le sommeil.
En fonction des différentes causes de l’insomnie, plusieurs approches sont possibles :
Les thérapies cognitivo-comportementales

Elles visent à contrôler les facteurs qui empêchent le sommeil tout en modifiant les mauvaises habitudes et les conceptions erronées sur le sommeil. Ainsi, le thérapeute aide le sujet à percevoir d’une autre façon son sommeil. Elles associent les méthodes de relaxation, le contrôle des stimuli et la maitrise de l’anxiété. Ces thérapies s’avèrent utiles dans le traitement à long terme de l’insomnie.
L’homéopathie et les remèdes naturels
Certaines plantes peuvent se présenter comme des recours efficaces en cas d’insomnie en raison de leur propriété sédative, calmante et analgésique. Elles seront prises sous forme de tisanes ou d’infusion. Il s’agit de l’eschscholtzia, la rhodiole, la camomille et la valériane qui peuvent être retrouvées chez l’herboriste-pharmacien. Certains granules homéopathiques tels que le Gelsenium 15 CH, Nux vomica 15 CH et Valeriana 1 DH peuvent être également utilisés en cas de stress et d’insomnie.
Les médicaments
Le recours aux médicaments dans le cadre de l’insomnie doit se faire sur prescription médicale. Regroupés sous le nom de somnifères ou hypnotiques, ces médicaments ne guérissent pas l’insomnie mais procurent un soulagement. Ils sont prescrits pour des durées relativement court, généralement pas plus de trois semaines. En effet leur usage prolongé réduit leur efficacité ce qui amène à augmenter leur dose. De plus avec la dépendance qu’elles entrainent, les symptômes de l’insomnie s’aggravent (effet rebond) et s’accompagnent de signes de sevrage dès l’arrêt de ces médicaments.

Il existe plusieurs classes de médicaments :
Les benzodiazépines
Les benzodiazépines sont couramment prescrites dans les troubles du sommeil. Ils ont un effet sédatif et anxiolytique. On peut citer entre autres le diazépam, l’oxazépam, le lorazépam…
Les hypnotiques non benzodiazépines
De nouveaux hypnotiques dont le zoplicone et le zopildem sont disponibles depuis quelques années. Ils sont plus efficaces que les benzodiazépines et entrainent moins d’effets indésirables.
Les analogues de la mélatonine
La mélatonine est une hormone produite naturellement par l’organisme qui joue un rôle primordial dans rythme éveil-sommeil et favorise la régularité des cycles du sommeil. Ses analogues vont faciliter l’endormissement et lutter contre les insomnies liées au vieillissement.
Autres classes de médicaments
On peut également avoir recours aux antihistaminiques comme l’hydroxyzine, l’alimémazine et les antidépresseurs comme l’amytryptilline dans le traitement des insomnies. Les antidépresseurs seront utilisés à de à faible dose.
Conseils pour mieux dormir
Il est nécessaire d’adopter une bonne hygiène de vie par rapport au sommeil surtout lorsqu’on souffre d’insomnie. Voici quelques conseils pour avoir des nuits plus reposantes et réparatrices :
- Eviter de consommer les excitants (thé, café, tabac …) le soir.
- Eviter les repas trop copieux et l’alcool au dîner ainsi que la prise tardive du dîner.
- Eviter de regarder la télévision ou votre smartphone juste avant de dormir. Préférer plutôt pour un bon livre.
- Avoir une bonne literie qui soit adaptée à vos besoins.
- Veiller à dormir dans un environnement calme, sombre, tempéré et bien ventilé.
- Opter pour des heures de sommeil régulières : levez-vous et couchez-vous tous les jours aux mêmes heures.
- En cas d’insomnie, si vous n’arrivez pas à vous endormir au bout d’une vingtaine de minutes, il est préférable de vous relever (en restant couché, l’angoisse de ne pas trouver le sommeil fera diminuer vos chances de vous endormir) puis faites une activité relaxante, comme lire, écouter une musique douce ou méditer.
Consulter son médecin
Le diagnostic d’insomnie n’est posé qu’après une consultation médicale. Il est donc recommandé de se rendre chez son médecin dès que l’on ressent les symptômes abordés plus haut. Quel que soit le type d’insomnie, votre médecin pourra vous prodiguer les soins nécessaires et s’il le faut, il vous adressera à un centre spécialisé pour une meilleur prise en charge.