Tabac : fumer des cigarettes nuit silencieusement à la santé

On le sait tous (du moins on l’a déjà entendu quelque part) : fumer tue. Véritable assassin à la ‘Jacques l’éventreur’, le tabac agit en sous-marin en maintenant une inflammation chronique sur la presque totalité des organes du corps humain.
L’exposition continue à la nicotine, principal agent présent dans le tabac, contribue donc à pérenniser cette inflammation qui passe inaperçue et à la longue altère les différents organes et vaisseaux du corps.
L’histoire nous dit que, le tabac (plante de la famille des solanacées) est originaire d’Amérique du Sud et cultivé un peu partout dans le monde. Elle fut introduite en Europe avec l’expédition de Christoph Colomb en 1492. L’entrée par l’Afrique s’est faite par le Maroc en 1593, et ce n’est qu’en 1930 que la cigarette filtre a vu le jour en Suisse et jusqu’à nos jours son expansion ne cesse de continuer.
Mais d’où viennent les effets du tabac ?
La nicotine est l’agent responsable de la dépendance tabagique. Une fois inhalée au travers de la fumée de cigarette, la nicotine atteint rapidement le cerveau ; où elle va provoquer soit un effet stimulant soit un effet calmant en se fixant sur des récepteurs spécifiques. Ce qui implique que pour conserver à chaque fois cette sensation stimulante/calmante, l’organisme en réclame d’avantage. Une cigarette entrainant une autre, s’installe ainsi la dépendance.

La nicotine, mais pas que…
Outre l’effet ‘dépendogène’ lié à la nicotine, le tabac contient d’autres types de substances (plus de 7000) dont la toxicité agit directement sur l’organisme et ses différents organes, notamment le système respiratoire et cardiovasculaire.
On peut citer principalement les substances cancérigènes et le monoxyde de carbone qui est responsable de la diminution de l’oxygénation de l’hémoglobine.
Il est donc important de savoir que ces trois substances, à savoir la nicotine, les matières cancérigènes et le monoxyde de carbones forment une sorte de cercle vicieux : la nicotine entretient la dépendance au tabac et donc l’exposition prolongée aux substances cancérigènes et au monoxyde de carbone.
Une multitude d’effets néfastes sur l’organisme
La quasi-totalité des organes peut être touchée, mais les premiers à souffrir de cette exposition au tabac sont le poumon et le système cardio-vasculaire.
Le tabac est responsable de plus de 90% des cancers du poumon et aussi de la survenue des bronchites chroniques évoluant vers une BPCO et l’installation insidieuse d’une dyspnée.
Au niveau cardio-vasculaire, on a l’inflammation des grosses et petites artères pouvant entrainer :
- L’hypertension artérielle.
- L’artérite des membres inférieurs, pouvant évoluer vers une nécrose des membres.
- Une coronarite évoluant vers l’infarctus du myocarde. L’effet stimulant conduit à une augmentation du rythme et de la fréquence cardiaque et donc une fatigue du cœur.
Le tabac est incriminé dans la survenue de nombreux cancers tels que :
- Le cancer des lèvres, de la bouche, de la gorge, de l’œsophage.
- Le cancer du pancréas.
- Le cancer de la vessie.
- Le cancer du col de l’utérus.
Chez la femme enceinte, le risque est accru pour le fœtus et la mère :
- Les fausses couches.
- L’hypertension artérielle gravidique.
- L’altération de la fertilité.
- La prématurité.
- Les malformations fœtales etc.
Le tabac peut aggraver certaines maladies comme la polyarthrite rhumatoïde, le psoriasis, les pathologies buccodentaires, etc.
En pratique…
D’après ce qu’on vient de voir, le tabac a des effets négatifs dangereux, et pire encore, il cause ses dégâts de façon discrète. Alors, pourquoi on qualifie le tabac de « tueur silencieux » et qu’est-ce que cela veut dire concrètement ?
Prenons un homme de 40 ans qui consulte un médecin pour une toux.
La toux est un symptôme banal donc un simple sirop fera l’affaire dans la majorité des cas. Sauf que quelques années plus tard il y a la dyspnée qui s’installe de manière très insidieuse (au début à l’effort) avec une perte de poids.
Notre homme va le mettre sur le compte de la vieillesse, puisque son organisme s’y est déjà habitué.
Au cours d’une consultation ultérieure, le médecin pneumologue demande une radio du thorax et découvre ‘’une tache blanche’’.
Pour approfondir les investigations, un scanner thoracique est demandé et révèle une masse dans le poumon, et la biopsie conclue à un cancer.
Quel choc pour le sujet qui, à la base est venu pour une toux et se retrouve avec un cancer du poumon.
Les examens réalisés montrent que le patient présente une hypertension artérielle et une insuffisance rénale, pourtant n’a manifesté aucun symptôme.
En remontant dans l’interrogatoire, on retrouve la notion d’exposition au tabagisme pendant 20 ans sans aucun autre antécédent médical particulier et pour évaluer le risque de survenue du cancer, le nombre de paquet-année est estimé à 60, ce qui peut conforter chez ce monsieur le lien entre tabac et cancer du poumon.
Pour info, le nombre de paquet-année est obtenu en multipliant le nombre de paquets consommés par jour en prenant pour référence un paquet standard de 20 cigarettes par le nombre d’années où la personne a fumé cette quantité de paquets.
Le nombre de paquet-année bien qu’étant un indicateur plus ou moins fiable est quand même utilisé en pratique courante pour évaluer le risque de survenue du cancer du poumon lié au tabac
Ceci est un exemple parmi tant d’autres, le tabac tue à petit feu sans qu’on ne s’en rende compte ; non seulement sur le plan physique mais aussi psychologique et voir même économique
La prévention reste donc le seul moyen de se prémunir de tous ses risques.